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Vivre avec l’endométriose

By janvier 16, 2021No Comments

Avec Fabienne, nous nous sommes rencontrées il y a quelques années, virtuellement d’abord, via nos blogs respectifs. Nous étions toutes les deux expatriées, mais pas dans le même pays.

Fabienne, c’est une jeune femme pleine de vie, à la sensibilité assumée. Sensibilité toujours retranscrite d’une manière discrète et émouvante. Avec une pudeur bienveillante et jamais dérangeante. Récemment, elle a partagé sur son compte IG son combat quotidien avec l’endométriose. J’ai été bouleversée en la lisant et aussi admirative de cette force qu’elle arrive à puiser en elle.

Fabienne, je l’ai aussi rencontrée pour de vrai. Nous échangeons régulièrement ensembles et je suis fière et de vous partager ses mots, qui sont à lire avec délicatesse.

Témoignage

Ce mois-ci a été plus compliqué. Parce qu’il n’y a pas eu les anti inflammatoire que je prends habituellement. Anti-inflammatoires qui peuvent me rendre stérile. Anti-inflammatoires qui me font dormir, me mettent à plat. Ça ou la douleur, tu me diras.

Suspicion de covid ou peut être même pas, fallait pas prendre de risque.

Il y a eu un réveil au milieu de la nuit,

le rêve de ces douleurs, et un deuxième réveil.

 

J’ai dû sauter dans une douche bouillante, ma peau rougie par la chaleur, presque me brûler, pour espérer que ça s’estompe, en pensant qu’une fois sortie, je serais tranquille. Pour finir par pleurer de douleur quelques minutes après, ça ne passera pas comme ça.
J’ai essayé de passer un pacte, « vous me ferez moins mal ce mois-ci, on est confiné et puis je peux pas prendre de médicament ». Ils ont fait la sourde aux oreilles. Je ne me suis pas évanouie, pas cette fois-ci, je n’ai pas vomi. J’ai attendu, à m’en mordre les lèvres, à retenir les cris, les coups, à force de patience et de tendresse pour ce corps, pour ce mécanisme, être femme, pouvoir – peut être comme l’ont dit les médecins – devenir mère. Peut être, tant que je n’aurais pas essayé, je ne saurais pas.

Et pour la douleur, il y a les hormones. Celles qui font cauchemarder dès la première prise, celles qui donnent des idées noires, le seul traitement qui est proposé parce qu’il n’y a pas vraiment de traitement, pas vraiment de recherche. Une femme sur dix qui en souffre et des années d’errance médicale.

Des années de médecin qui m’ont répété que c’était normal d’avoir mal au point de devoir tout arrêter, de presque supplier ce corps pour que ça passe, que ça ne recommence pas.

Comme dit @imanyeasy dans @lapoudretv « L’angoisse c’est que même si vous le savez, ça ne change pas grand chose » (et pour en savoir plus, @endofrance mais aussi le sublime article de @bonjourlasmala avec @julieprouha)

Fabienne

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