Quand j’ai arrêté de planifier ma vie.

J’ai arrêté de planifier ma vie quand j’ai compris que je ne la contrôlais pas. Bon, ça a pris un certain temps avant que je ne le saisisse. N’est pas le Dalaï-lama qui veut. Et je ne le suis toujours pas devenue, par contre, je me sens beaucoup mieux depuis je j’ai lâché-prise. Libérééééééé délivrééééééé, je vous épargne la suite. De rien.

Lors d’une séance avec ma psy d’amour à Toronto, je lui expliquais que j’avais tendance à stresser et perdre un peu la raison quand les choses ne se passaient pas comme prévu. Et elle m’a posé cette question qui a mis un stop définitif à mes angoisses :

« Jasmin, quel est le pire qui pourrait vous arriver ? »

« Et bien, me retrouver seule, à la rue, sans un sous. Ah et puis, tomber gravement malade (j’ai un côté hypocondriaque). » 

« Pour la maladie, on ne peut rien faire. Et vous le savez. Mais est-ce-que vous pensez vraiment que vous pourriez vous retrouver un jour sans toit et seule ? »

« Et bien, en fait, non. Ça ne m’arrivera jamais. J’ai la chance d’avoir une famille et des amis aimants, jamais ils ne me laisseraient dans une mauvaise situation. »

Et à partir de là, ce que je savais déjà mais que j’avais besoin de m’entendre dire, m’a retiré ce poids qui m’empêchait de vivre l’instant présent. J’ai compris que la pire de mes craintes était infondée, Que je me débrouillais très bien, et qu’il fallait que je me fasse confiance.

Évidemment, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Un travail intérieur est fastidieux et demande de la patience mais surtout de l’empathie envers soi-même. J’avais mis le doigt sur l’élément déclencheur, je me sentais infiniment mieux mais j’avais encore du chemin à faire. Parce que jusqu’à mes 32 ans, j’avais toujours tout planifié. Tout. Mes études et surtout mes expatriations. Chaque départ (et retour) était programmé, financé et ne laissait aucune place à l’imprévu. J’avais l’impression que si un truc ne fonctionnait pas, tout s’effondrerait. Quand je dis « tout », je parle de cette vie que j’avais toujours géré seule.

Je sais maintenant que cette indépendance dont je suis fière n’exige pas de me montrer forte envers et contre tout. Et surtout, que les changements de programme n’ont rien de dramatique. J’ai appliqué cette vision des choses un peu après mon retour en France. Au départ, je voulais absolument m’installer à Bruxelles, parce que c’était une ville que j’aimais bien et que j’avais besoin de me dire que j’avais un plan, un objectif pour la suite. Mais la suite de quoi finalement ? D’un programme que j’avais fixé ? Alors voilà, quand je suis partie là-bas et que je me suis rendu compte assez rapidement que ça n’allait pas, qu’il fallait déjà que j’ingurgite mon départ du Canada, et bien j’ai décidé de rentrer à Reims. J’ai aussi décidé de ne plus rien planifier, de prendre un jour après l’autre.

Depuis, je suis une adepte de la slow life. Ça ne veut pas dire que je traîne en pantoufle toute la journée, bien au contraire, je sors, je participe à pas mal d’événements, je rencontre un tas de gens mais je ne le fais pas sous la contrainte. Parce que je l’ai noté dans mon agenda. Je le fais parce que ça me plaît et si à la place, j’ai envie de glandouiller chez moi, je m’en donne aussi le droit. Et crois-moi, ça m’arrive régulièrement.

 

Ne plus planifier, c’est aussi laisser place aux hasards de la vie qui, bien souvent, se transforment en belles surprises. il suffit d’avoir l’esprit et le coeur ouverts. 

 

 

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  1. Je me retrouve beaucoup dans tes mots et je crois que je ressemble un peu à ton ancien toi … J’essaye de travailler chaque jour là dessus et pourtant je garde ce réflexe de tout planifier et organiser, anticiper pour être sûre d’y arriver. Cela m’aide mais me désert aussi beaucoup.
    Je pense que l’essentiel est de trouvé un juste milieu entre le contrôle et le jemenfoutisme qui nous fait peut être un peu stagner.

    Je te souhaite une très belle journée,
    Pêche
    https://pecheneglantine.fr

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ! Effectivement, tout est une question d’équilibre ET de confiance en soi.

      Belle journée (et semaine) à toi 🙂

  2. J’aime beaucoup ton article, tu as raison je crois qu’il faut parfois laisser le hasard faire les choses et s’écouter au jour le jour… Peut-être que c’est la societe qui nous pousse à mettre des cases bien rangees dans nos vies, à nous d’accepter moins de rigueur envers nous même et moins d’attentes.
    Quand on n’attend rien, tout est possible 🙂