Mes parents, si différents.

L’un est allemand, l’autre est français.

Des pays voisins, séparés par une frontière de rien du tout. Et pourtant, c’est plus qu’un trait sur une carte qui les différencie. C’est une langue et surtout une Culture. Et je sais qu’on ne met pas de majuscule au mot « culture » mais moi j’ai envie. Parce que, bon Dieu, c’est important. Parce que ça définit qui tu es de tellement de façon.

J’ai grandi bercé par deux pays que j’aime tout pareil et souvent, c’est difficile de trouver les bons mots pour en parler. Les mots à la hauteur de ce que je ressens quand je vais chez Mutti ( maman) et qu’on regarde les chaînes de télé allemande ensemble. Les mots à la hauteur de ce que je ressens quand je vois papa et avec qui on parle politique française.

J’ai grandi physiquement en France, mais c’est plus compliqué que ça.

Parce que quand on va chez moi (de-quand-j’étais-petite et à croquer), on voyage. On va en Allemagne. Mutti parle français aussi bien que Victoria Abril et il peut lui arriver tout un coup à se mettre à parler allemand, en plein milieu d’une conversation, oklm.

Et c’est comme ça depuis que je suis petite. En fait, j’ai toujours navigué entre deux eaux. D’un côté, Mutti qui nous faisait manger, ma soeur et moi, à 18h, et d’un autre papa qui, quand il rentrait de ses déplacements, chamboulait ce rythme. Du coup, j’avais l’impression que c’était la fête quand il était là : « waouh, on mange à 20h ! » (depuis j’ai compris, vous inquiétez pas).

Parfois, j’avais quand même l’impression qu’il fallait que je choisisse mon camp. Par exemple, quand ma mère me disait : « Ton père, il est pas gêné d’aller toquer chez les voisins, sans les appeler avant » (à lire avec l’accent allemand), bon, j’osais pas trop me mouiller : « euh, j’sais pas, en même temps ce sont des copains », et là, dans ma tête, j’entendais un « Biiiiiiiip, mauvaise réponse », parce que non, en Allemagne, tu te pointes pas chez eux sans les avoir prévenus au moins 10 fois avant. Le téléphone, gros rituel de toutes nos vacances d’été là-bas.

Aussi, cette histoire de ponctualité allemande, laisse-moi te dire que ce n’est pas une légende. C’est VRAI. Et être à l’heure pour ma mère, ça veut dire être en avance. Très en avance. Pour mon père, c’est une autre histoire. Alors imagine-toi quand on était invités quelque part, Mutti lançait des « tu fais exprès de traîner » à mon père qui répondait avec des punchline du genre « y a pas de danger qu’on arrive les derniers », et là, grosse crise de rire avec ma soeur ce qui énervait maman qui croyait dur comme fer qu’on était forcément du côté de mon père. Du côté des « français », comme elle aimait et aime toujours le dire.

Mais en vrai, je n’ai jamais choisi de côté. Je sais que ces différences sont devenues ma force. On dit souvent que ce que l’on est c’est une affaire de ce qu’on a appris quand on était petit. Et bien j’ai appris un truc méga important : la tolérance. Ça, je le dois à mes deux parents, si différents. Si allemand et si français. Et avec tout le moche qu’on peut entendre, ça m’fait dire que… Ouais, j’suis d’accord. C’est cool la double Culture (avec un grand C).

Et sinon, pour la coupe du monde, j’ai  une petite préférence pour la Manschaft, c’est quand même une équipe de winner. Et j’ai bien envie de porter un maillot avec quatres étoiles. La base quoi.

 

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