La crise de la dizaine (ou pas).

J’ai hésité à utiliser ce mot : “crise”.

Parce que changer de dizaine n’a rien à voir avec une crise de foie. Ça ne se passe pas forcément dans les cris et la douleur, ni par l’explosion de la libido, d’ailleurs. Par contre, c’est un peu le moment de vérité. Avec soi. Et le moment de faire le point.  Sur soi.

**********

À mes 20 ans, j’étais un peu perdue. Que faire ? Ou aller ? Ça craignait vraiment de devenir adulte. Finalement, je suis partie faire un Service Volontaire Européen d’un an en Allemagne. Et puis de là, j’ai fait de l’expatriation, une passion.

**********

A l’approche de mes 30 ans, je vivais à Montréal depuis 2 ans, dans un appartement hyper cool situé dans un quartier hipster de la ville. J’avais des colocs bien chouettes, j’étais entourée d’amis internationaux et j’avais une vie sociale très remplie.  Mais (oui, il finit toujours par arriver), j’étais bloquée dans un job de réceptionniste d’hôtel. Et ce n’est pas ce que je voulais faire de ma vie. Ce n’est pas ce pourquoi j’avais immigré au Canada.

Alors j’ai commencé à réfléchir longuement et sérieusement. Ce n’est pas une période que j’ai mal vécue mais une remise en question n’est jamais easy easy.  Parce qu’elle bouscule forcément ce qu’on a établi et qui marchait bien. Mais je suis instinctive et si je commence à me questionner, c’est qu’il faut faire un changement.  Et là, c’était un changement professionnel dont j’avais besoin.

J’ai donc déménagé à Toronto (plus d’opportunités) et en trois semaines j’ai trouvé l’emploi de mes rêves, dans lequel je me suis épanouie pendant 6 ans. Et puis j’ai fini par rentrer en France. Parce que j’aime bien me compliquer l’existence.

**********

Mes 40 ans arrive, pas au point de commencer le compte à rebours, mais quand même. Franchement, j’adorerais être comme toutes ces filles qui ne se posent pas un million de questions, ça me faciliterait la life. Mais voilà, j’ai fait une croix dessus y a longtemps.  On n’a qu’une vie alors il faut faire les choses bien. Et pour faire les choses bien, faut s’écouter et savoir faire le point.

Aaaaaah, faire le point, ma grande spécialité. Je peux te dire que j’en connais un rayon, je pourrais faire un TED là-dessus. Haut la main.

Donc, quarante. Un chiffre comme un autre, après tout. Et l’avantage quand on avance en âge, c’est qu’on rentre un peu plus dans cette phase du « Je m’en fous ». Et ça, c’est plutôt cool. Evidemment, cela ne m’empêche pas d’analyser beaucoup un peu là ou j’en suis et d’en tirer des conclusions. Alors déjà, bonne nouvelle, je me sens accomplie.  Je me suis expatriée plein de fois, longtemps, je me suis trouvée, construite, j’ai aimé, je me suis cassée la gueule, je me suis relevée, j’ai douté, j’ai rigolé, j’ai pleuré, j’ai eu peur, je n’ai jamais baissé les bras et je suis toujours aussi passionnée. Par tout.  Par la vie. Par les gens. Par les voyages.

Récemment, une amie m’a dit que ce qui était bien et inspirant, c’est que je faisais ce que je voulais, quand je voulais. Et effectivement, cette liberté là, j’y tiens comme à la prunelle des yeux de Ryan Gosling. Je tiens aussi à préciser que ce n’est pas incompatible avec travail, responsabilité, amitié, amour etc. Parce que ce n’est en aucun cas de l’égoïsme ou de la puérilité. C’est juste que je ne peux pas vivre autrement. Et je compte bien continuer sur cette voie. La voie de la sagesse, si si.

Dans les réalisations à venir, j’ai le livre sur lequel je travaille et c’est un gros projet, et c’est même un peu fou que je me lance dans un truc pareil mais comme  je suis un peu folle, c’est OK. Sinon, je me disais que ça me manquait un peu la vie d’expat. Alors je ne compte pas m’installer à nouveau à l’étranger mais tu sais ce qui me plairait ? Partir de nouveau en Californie mais pendant un mois, je ne connais pas San Diego, ça doit être sympa ? Ou plus près, et tenter Amsterdam ? Bon, je dis ça mais je ne le ferais peut-être pas. Ou si. Ou pas. On verra. J’aime bien me laisser des possibilités, j’aime bien me dire que cette nouvelle dizaine sera signe de toujours plus. C’est ça sinon rien.

 

Alors voilà. On est d’accord. Ce n’est pas une crise mais bien une chance. Une chance de pouvoir ajouter de nouvelles expériences, de nouvelles rencontres, de nouveaux projets à une vie que j’ai seule choisie. Et je la veux éternellement fun, comme un épisode de Friends.

Répondre à Sacree_Jasmin Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. J’ai adoré te lire !
    Tu as eu une vie tres riche et tu as vécu beaucoup d’experiences. Je suis d’accord avec toi sur le fait de conserver sa liberté et de toujours se lancer de nouveaux défis.
    Happy birthday a toi !

    A très vite

    1. Merci !
      Oui, être libre et avoir des projets permettent d’avancer et de se réaliser.
      Thank you! J’ai encore un petit peu de temps, c’est en novembre 😉

      Bises