Ces moments-là

Tu vois certainement desquels je parle. Ceux qui ont un goût tout particulier. Ceux qui pendant quelques petites secondes réveillent ta mémoire. Comme ça. Sans crier gare.

Je suis très sensible aux paysages, aux odeurs, à la musique, à la photo, à l’art en général. Ce sont bien souvent des éléments déclencheurs, ceux qui me replongent, l’espace d’un temps furtif, dans mes souvenirs. 

Ça m’est arrivé y a quelques jours. J’écoutais Sam Cooke et je me suis souvenu de mon road trip en Gaspésie. J’y suis allée en voiture avec des potes de l’époque, rencontrés à Montreal peu après mon arrivée. On est partis 5 jours sur la route et lors d’un stop dans un bled québécois, on est entrés dans un bar. Vu que l’on était clairement pas des locaux, on nous a remarqués assez rapidement. Y avait tout un groupe de gens, guitares à la main, qui chantaient des classiques rock, soul… J’ai jamais autant écouté du Léonard Cohen, du Johnny Cash, du Tom Waits etc. que quand j’habitais au Canada. Parce que là-bas, c’est la base musicale quand tu rentres dans un café/bar un peu cool. 

Bref. On s’est sentis très vite à l’aise, on a discuté et un de mes compagnons de voyage, qui touchait un peu en guitare, les a accompagnés.

C’est évidemment ce que j’aime dans les voyages, ces moments hors-temps, parfaitement traduits par une expression anglophone : « one of a kind« . Et c’est d’ailleurs le fait qu’ils soient si uniques, qu’ils reviennent à moi comme un boomerang, qui les rendent Oh! combien si important. Parce que quand je ferme les yeux, et que je  me remémore ces bouts de vie, je me sens infiniment bien et surtout libre. Un peu comme Diego qui est libre dans sa tête. Mais siiiii. Tu sais.

Pas de doute sur le fait que je vis dans l’instant présent mais ces moment-là, j’en ai besoin. Ils me rappellent avec beaucoup de douceur qui je suis. Ce que j’ai accompli. Et ce pourquoi j’ai besoin d’explorer. Pour moi, l’accomplissement de soi passe aussi par les autres. Par ce que l’on traverse. Chaque individu a un parcours différent, des envies qui divergent et il n y en pas des meilleurs que d’autres. Personne n’a la clef du bonheur. Même pas ton voisin à la belle maison, la grosse voiture et les beaux enfants. Et je n’insinue pas qu’il n’est pas heureux, mais ça ne veut pas dire que c’est ce que, toi, tu dois atteindre pour l’être. Commence par t’enlever cette pression sociale inutile pour débuter ton cheminement. Vraiment. C’est le seul vrai conseil que je puisse te donner. (Et c’est gratuit).

En ce qui me concerne, je crois que j’ai compris assez rapidement que j’étais en décalage avec les autres. Ma mère aussi, d’ailleurs, puisqu’elle me disait souvent (encore maintenant) : « Du bist speziell. » En allemand, comme en français, ça peut être vu comme quelque chose de négatif ou positif. J’ai mis un petit peu de temps à comprendre que ce n’était pas grave. Que de ne pas vouloir la même chose que les autres n’était pas un crime, que c’était même plutôt courageux. 

 

Alors, quand j’ai réouvert les yeux, que j’ai quitté ce petit coin du Québec pour me retrouver à Reims, j’ai souri en pensant à la chance que j’ai, d’avoir toujours fait ce que je voulais. Non sans peine. Mais sans jamais rien lâcher. Renier, Ou envier.

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